
La Fosse Arthour
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Une gorge spectaculaire au cœur du Domfrontais
Située à la frontière de l’Orne et de la Manche, sur la commune de Saint-Georges-de-Rouelley, la Fosse Arthour est une cluse impressionnante de près de 70 mètres de profondeur, creusée par la rivière la Sonce à travers une barre de grès armoricain.
Géologie et histoire naturelle
Formée il y a près de 470 millions d’années à l’Ordovicien à partir de sables marins compressés, la roche de grès armoricain a été fracturée par les mouvements tectoniques. Au fil des millénaires, l’érosion continue par l’eau de la Sonce a façonné ce canyon rocheux culminant à 221 mètres d’altitude. La roche y a d’ailleurs été exploitée dans une ancienne carrière de grès pour la confection de pavés jusqu’en 1934.
Classé au titre des Sites Classés et protégé en tant qu’Espace Naturel Sensible (ENS), le site abrite un écosystème remarquable de landes sèches et humides caractéristiques du Massif armoricain (bruyères, ajoncs, myrtilles), ainsi que des plantes rares comme le jonc raide et l’osmonde royale.
Le théâtre des légendes arthuriennes
Le paysage escarpé et mystique de la Fosse Arthour est indissociable de ses récits populaires :
- La tragédie du Roi Arthur et de Guenièvre : Selon la légende, le roi Arthur et la reine Guenièvre résidaient séparément dans deux grottes se faisant face de part et d’autre de la gorge : la Chambre du Roi (rive droite) et la Chambre de la Reine (rive gauche). Soumis à un pacte strict lui interdisant de rejoindre son épouse avant le coucher du soleil, Arthur enfreignit la règle un jour. Il fut immédiatement emporté par les eaux déchaînées de la Sonce. Désespérée, Guenièvre se jeta dans l’abîme à sa suite.
- Le gouffre sans fond et les taureaux magiques : Au pied de la cascade, une vasque d’eau sombre réputée insondable inspirait la tradition paysanne : en y déposant une pièce d’argent le soir, deux taureaux merveilleux en sortaient au matin pour prêter leur force aux travaux des champs.